Le CERS et les autres MLC d’Occitanie : on en parle !

Le supplément presse hebdomadaire de Midi ma région mes envies fait la part belle aux Monnaies Locales Complémentaires d’Occitanie, avec LE DOSSIER consacré à cet outil économique permettant de retrouver résilience et lien social. (Pour les 3 captures : texte : Céline Cammarata – photos Idriss Bigou-Gilles et DR)

Le CERS en 1ère page -   Dans la caisse de "Ma Pause Bio" à Narbonne, les CERS, aux côtés des €, permettent de rendre la monnaie en CERS aux adhérents de la Monnaie Locale du Narbonnais.
1 Monnaie Locale par département, pour 15 MLC en Région Occitanie
et d’autres Monnaies Locale en gestation

Mais à quoi ça “CERS” ?

Nous héritons d’un XXème siècle, uni-monnaie, ou l’€, comme les autres monnaies conventionnelles, ont perdu leur rôle de monnaie (notamment celui d’échange) pour devenir un bien (de l’argent). À tel point que les échanges économiques (biens et services = économie réelle, la seule qui nous nourrit et fait notre lien social) ne représentent que 3% des échanges, 97% étant dévolus aux échanges financiers (échange de devises, spéculation… = économie financière). Ce déséquilibre entraîne un manque de monnaie en circulation (il est plus intéressant de lui “faire faire des petits” sur les marchés financiers), ainsi qu’un appauvrissement global des échanges et des acteurs (90% environ de la monnaie en circulation est une monnaie-dette, à rembourser avec intérêts).

Les conséquences en sont une perte de valeurs communes (on cherche non plus à se réaliser dans un travail mais on travaille pour de l’argent), des tensions sociales importantes, un lien social distendu voire inexistant (la monnaie qui est un lien social a perdu cette fonction).

Dès les années 2000, l’Europe, alarmée par le risque majeur de révolution citoyenne, a “poussé” des expérimentations de Monnaie Locale Complémentaire = non exportable, non spéculative, elle reste en circulation sur le territoire, et ne peut être mise en banque et s’échapper dans les circuits financiers. Sans enjeu financier, une MLC retrouve le rôle d’une monnaie qui reste une monnaie, notamment : fluidifier et “graisser” les échanges, générer du lien social.

Une actualité “COVID” qui accélère l’urgence de cette solution locale !

Le confinement a mis en lumière nos dépendances : alimentaire (Toulouse a 1,5 jours d’autonomie alimentaire, une paralysie des transports suffit à affamer une ville ou un pays – voir livre de Stéphane Linou), à la santé (médicaments, vaccins, masques produits à l’autre bout de la planète)… Et interrogé notre modèle économique qui ne nourrit plus ses habitants, ni physiquement, ni dans le lien social. Une conscience de tous les acteurs : habitants, associations, entreprises, Collectivités s’est engagée, menant à des initiatives pour relancer l’économie locale, dès la fin du confinement : par exemple

La Mairie de Capestang (nous avons eu le plaisir de saluer l’initiative de Mr POILARD et ses Conseillers) a transformé les économies réalisées pendant le confinement en jetons (valeur de 10€ le jeton) ; 5 jetons ont été donnés à chaque foyer, à utiliser exclusivement chez les commerçants du village. Avec un effet immédiat : orienter la consommation vers les Commerces de Capestang. Cette solution reprend le 1er avantage d’une Monnaie Locale sur un territoire : faire consommer local, développer et garder les richesses produites sur le territoire.

Sur le Grand Narbonne, l’opération “Keetiz”, avec 400 000€ investis pour relancer la consommation, ont généré 1.5 million d’€ de PIB, oui, mais … Les 30% de bonus versés sur les comptes bancaires ont pu s’échapper tranquillement par internet, sur des achats non locaux ! Même s’il y a eu une rotation € supérieure des échanges, (4.33 pour 2.5 échanges réels constatés normalement, avant de “voler” ailleurs), et sans prendre en compte le coût du dispositif, force est de constater que cela ne peut être qu’un “boost” ponctuel : les € injectés s’échappent tôt ou tard du territoire sur les marchés financiers, ruinant les efforts entrepris… à fonds perdu !

Alors qu’en boostant la consommation en Monnaie Locale Complémentaire, on s’assure non seulement de flécher cette consommation vers les commerces et professionnels locaux, mais d’en garder le résultat ! Comment ? Le PIB local généré reste local, la MLC reste en circulation, nourrit et maintient les échanges, bâtit un réseau solidaire et résilient entre les utilisateurs locaux, à plus long terme. Une économie autonome, pérenne et résiliente se développe, pouvant amortir chocs monétaires et autres joyeusetés dues aux monnaies spéculatives.

Le CERS et les MLC : outils de transition “puissance 4” !

Le financement en MLC (le CERS pour le Grand Narbonne) devient un investissement, avec un ROI (retour sur investissement) rapide et pérenne : circuits courts et économie locale boostés, emplois consolidés, rapports sociaux apaisés… et un possible choix pour flécher une économie réelle et vertueuse, la seule qui nous nourrit). Bref, l’outil Monnaie Locale Complémentaire entre dans les outils indispensables à la conduite des transitions, sur les territoires.

À suivre : les propositions faites à Narbonne et le Grand Narbonne

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